Mesdames, Messieurs les candidats à la présidence de notre pays,
Je suis préoccupé. Plus jeune, on m'a incité a étudier, à travailler dur pour
faire des études supérieures, à avoir une ou plusieurs expériences à
l'étranger. "Ce serait la façon de m'en sortir". D'exercer un métier
qui me plairait, et d'obtenir tout ce que mes parents n'auront pas eut.
Bénéficier de l'ascenseur social, pour reprendre la formule.
Aujourd'hui, à 28 ans, je crois avoir fait tout ce que l'on m'avait dit de
faire. J'ai deux bac +5 dans des domaines porteurs (d'ailleurs je me considère
chanceux), je suis trilingue, car j'ai vécu un moment dans des pays voisins au
notre, et je bouillonne d'idées et de projets, ce qui en soi est une bonne
chose. J'ai quitté ma province natale pour me donner plus de chances. Pourtant je ne me
sens pas bien.
Récemment débarqué sur Paris, où tout le monde aurait sa place d'après ce
qu'en disent nos parents, je me sens moins bien que dans les capitales
étrangères dans lesquelles j'ai vécu. Peut-être parce qu'il est temps "que
je me pose"? Etrangement, j'ai l'impression de ne pas avoir
ma place dans mon propre pays.
Déjà il m'est impossible de me loger décemment, malgré tous mes
efforts. Malgré un CDI avec un statut de cadre, il m'est impossible de louer un
appartement dans les premiers six mois de ma période d'essai. Si
toutefois j’eus trouvé un appartement, j'aurais du lui consacrer la moitié de
mon salaire. A ce sujet, je n'ose même pas imaginer la situation des jeunes
moins qualifiés.
Manque de pot, l'emploi que j'avais trouvé n'était pas fait pour moi, et
j'ai décidé de changer (on m'y a aussi invité). Notez que c'est la première
fois de ma vie que je n'accroche pas un emploi. Après quelques mois d'inactivité dans ma catalogne natale (où j'ai atterri
après trois ans à l'étranger), j'ai signé en bas du premier contrat qui m'était
proposé. J'aurais dut mieux choisir, certainement. Mais quand on a besoin
d'argent, on travaille.
On m'a dit qu'en travaillant à l'école, j'aurais la liberté de choisir mon
emploi.
J'aimerai bien créer ma propre activité. Etrangement, j'ai l'impression que
cela m'est impossible. Non pas que je manque de ressources. Je crois que ce qui
me manque vraiment, c'est le bien-être. J'aimerai vivre dans un petit chez moi,
ne pas avoir l'impression que si je démarre mon activité aujourd'hui je ne
serai pas écrasé par les charges demain. J'aimerai vivre dans un pays tourné
vers sa jeunesse.
Qu'est ce qui se passe, Mesdames, Messieurs les candidats, et que doit-on
faire aujourd'hui pour s'en sortir? Pouvez vous nous aider, nous les jeunes, à
trouver des solutions, que ce soit en termes de logement, de concrétisation de
projets d'entreprise ou d'emploi en général, et surtout de bien-être?